Pédagogie, Trucs & Astuces


N’oublie pas, Petit Scarabée, que la pédagogie doit, dans la mesure du possible, être adaptée au public visé. Si un élève ne tient pas en place et cherche à transformer ta salle en véritable dance floor, peut-être est-ce à cause des activités qui ne lui conviennent pas : problème de concentration, de consignes floues, de sujets peu attrayants… Peut-être pas, mais peut-être quand même… qui ne tente rien n’a rien. De la manière dont tu choisiras d’enseigner dépendra en grande partie l’ambiance de tes classes. M’enfin, moi j’dis ça…

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#9 – Avant tout, méfie-toi des dogmes institutionnels. Il y a tant de situations différentes d’un établissement à l’autre, d’une classe à l’autre, d’un élève à un autre, que je peux parier ma jambe de bois sur le fait qu’il n’y a pas de grande recette universelle. Le maître mot mon Petit Scarabée est « ADAPTE-TOI ». Point. Partout, et tout le temps. Prends l’élève là où il en est et efforce-toi de l’emmener plus haut. Si le grand principe cosmique fondamental nous laisse penser qu’il est essentiel que tous acquièrent les mêmes savoirs et compétences, au final, il reste tout à fait possible d’adapter à chacun les moyens mis en œuvre, ainsi que la durée de l’apprentissage prévue pour y arriver. Mais attention, c’est un travail qui demande énormément d’efforts et de suivi, et qui est très difficile à gérer sur l’ensemble des classes.

 

#10 – Par ailleurs, les objectifs de ton cours doivent être clairs, la démarche également et le cours rythmé (activités variées : oral / écrit / recherches d’informations). L’élève doit savoir où il va. Si le groupe suit le rythme imposé, celui qui s’en moque et rêverait d’un championnat international d’avions en papier ne peut que suivre le mouvement, même s’il choisit de le subir et de ne pas progresser. Ce qui ne veut surtout pas dire qu’il faut le laisser de côté pour peu qu’il se tienne tranquille.

 

#11 – N’hésite surtout pas à ritualiser la démarche, pour certaines activités au moins, pour que l’élève avance en terrain connu le plus souvent. Si la structure est apparente, connue, elle est rassurante. Evite la révolution pédagogique à chaque séance en croyant bien faire.

 

Faut qu'ça rentre!#12 – Mais si instituer des rituels est indéniablement une démarche payante avec des élèves en difficultés, attention à ne pas faire de ton cours un club de bridge ou une leçon de tricot. Pense à varier les activités pour impliquer davantage les élèves ou les réveiller parfois. De l’imagination, que diable! Et de la passion!

 

#13 – Ne t’entête pas à poursuivre un cours qui ne marche pas, une préparation qui ne fonctionne pas. Sois raisonnable et honnête avec toi-même. Trouve rapidement une conclusion intelligente, une petite pirouette, et hop, enchaîne sur autre chose. Et voilà!

 

#14 – Lors de la préparation du cours, prends en compte l’heure à laquelle il doit avoir lieu. On ne peut pas attendre la même chose d’un élève de 8h à 9h et de 17h à 18h. A certaines heures, il vaut mieux prévoir un petit travail écrit qui permet aux élèves de se concentrer sur leur feuille sans être tenter de trop bavarder avec leur voisin. L’énergie que tu seras prêt à déployer ne sera pas non plus la même! De la mesure donc.

 

#15 – Attention à la gestion du temps, il faut impérativement finir le cours à l’heure pour que les élèves aient le temps de copier correctement ce qui est au tableau, de prendre leurs devoirs et de ranger leurs affaires sans être en retard au cours suivant, c’est une question de respect envers l’élève et envers le collègue qui les a ensuite. Mais c’est avant tout fondamental dans toutes les implications pédagogiques de ton enseignement. Cahier mal tenu = leçon mal apprise ; consignes mal notées = devoirs pas faits. C.Q.F.D.

 

#16 – Apprends à t’adapter et à tirer parti de toutes les situations qui peuvent survenir lors du cours et qui pourraient le déstabiliser, démarche particulièrement utile en cours de langue vivante (Par exemple, « Bidule n’a pas son livre », ou « Machine est subitement malade »  » « Savez vous le dire en allemand ? »). Ne reste pas enchaîné à ta préparation, mon Petit Scarabée. Détends-toi…

 

Quand l'absence de pédagogie tue...#17 – Quel que soit le niveau auquel tu enseignes, n’hésite pas à faire le point sur les méthodes que tes élèves utilisent pour apprendre une leçon, rédiger un court texte, déchiffrer une image, etc. Bon nombre de lacunes peuvent être corrigées par ce seul travail. On part trop souvent du principe qu’un élève d’un âge donné doit maîtriser tel ou tel savoir faire élémentaire. Or, aussi surprenant que cela puisse paraître, nombreux sont les élèves – y compris en fin de collège ou au lycée – qui ne savent pas apprendre du vocabulaire ou faire une soustraction par exemple, choses qui doivent pourtant paraître évidentes à leur niveau. Ne présume donc jamais des acquis méthodologiques d’une classe ou d’un élève. Evalue-les et resserre les boulons! Et plutôt que de maudire tes prédécesseurs ouvertement (« mais qu’avez-vous fait l’année dernière ! »), explique, réexplique les choses. N’oublie pas non plus que ce sont ces méthodes d’apprentissage ou d’organisation qui permettront à un élève d’aller au bout de ses ambitions, pas une page d’exercices supplémentaires.

 

#18 – N’hésite pas à redéfinir régulièrement ton niveau d’exigence. On ne peut pas obtenir les mêmes choses de tous les élèves d’une même classe, ni de toutes les classes d’un même niveau. Dans certaines, il sera parfois préférable de travailler sur un point exotique de civilisation ou sur des supports plus légers le temps de remobiliser et de remotiver tout le monde.

 

#19 – Avec tout ce que cela comporte de « si » et de « mais », garde en tête qu’il faut essayer de s’occuper de chaque élève à un moment ou à un autre au cours de l’heure. Ne délaisse personne. Même le vilain pas beau collé tout la bas au fond contre le radiateur. Trouve un moyen de t’adresser à chacun par son nom au moins une fois pendant le cours. Ça réveille celui que l’on appelle, et ça peut laisser entendre que tu t’intéresses à lui. Non, l’appel ne compte pas !

 

#20 – En langues vivantes, efforcez-toi de trouver des moyens de prendre en compte et de stimuler la participation orale, de rendre tout le monde ou un maximum d’élèves actifs par les répétitions, les reformulations…  Intensifie le travail de répétition qui aide à la mémorisation : petits poèmes, dialogues ou scénettes écrites par les élèves. Ils adorent ça !

 Le conte chaud et doux des Chaudoudoux

#21 – Respecte toute prise de parole, même si dès les premières syllabes il parait évident que l’élève parle mieux le yaourt que le français. Chacun doit sentir qu’il peut tenter sa chance sans risquer de se faire atomiser pour une broutille. Réussir à prendre confiance en soi est l’un des enjeux majeurs de l’adolescence, alors file-leur juste un p’tit coup de pouce ! Merci pour eux!

 

#22 – Mais avant tout, et quel que soit le type de situation rencontrée,ne sois pas avare en chaudoudoux ! Positive, encourage, félicite, récompense autant que possible, sans tomber dans l’excès bien entendu.Même les petites victoires ne doivent pas passer inaperçues, en particulier celles des élèves en difficulté. Apprends leur ce qu’est le goût de la réussite, nom d’un p’tit bonhomme !

 

#23 – A l’écrit, utilise une couleur verte ou bleue pour montrer ce qui est bon ou positif ; à l’oral, pense à souligner les plus petites prises de paroles d’un geste ou d’un mot. Au passage, amis anglicistes, apprenez à dire autre chose que l’inévitable « Gooooooooooood ! ». Variez les plaisirs !

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